Huhu, le premier u_u J''accepte tous les avis, toutes les critiques, je ne veux que progresser. Bonne Lecture :D
#Row.*
● Genres: Yaoi, Lemon, Humour.
● Nda: Inspiré du livre "Le Diable s'habille en Prada" de Lauren Weisberger.
Partie Une.Mascara, ok.
Gloss, ok.
Jean Diesel parfaitement repassé, ok.
Chemise, ok.
Lissage des cheveux, ok.
Un derniers regard dans la glace, et... Oui, j'suis parfait. Enfin comme d'habitude. Aujourd'hui j'aimerais être éblouissant. Pourquoi? Parce cette journée est la plus importante de ma vie. Je vais passer l'entretien qui pourra lancer toute ma carrière. Devenir l'assistant personnel du créateur Tom Kaulitz, un des hommes les plus emblématiques du milieu de la mode d'aujourd'hui. Pas qu'être assistant soit le rêve de ma vie, mais ça pourra m'ouvrir un bon nombre de portes. Et moi, travailler dans la mode, c'est mon rêve.
[...]
Je suis dans le hall de ses bâtiments. Et ce n'est que défilés de gazelles montées sur talons aiguilles. Bon, j'avoue ce n'est pas pour me déplaire. Elles me lancent des regards agressifs, inspectant ma tenue millimètres par millimètres. Je ne porte peut être pas des vêtements de grands créateurs, mais apparemment j'ai l'air d'avoir réussi le test. Elles retournent chacune à leur occupation, certaines prenant l'ascenseur en poussant des portants de vêtements. Je m'avance vers le comptoir de l'entrée derrière où se cache une jeune fille blonde derrière une tonne de papier. Elle paraît purement débordée. Elle me lance un regard rapide puis fait un signe de la main. Une autre nana anorexique s'approche et m'entraîne vers le premier ascenseur. À l'intérieur, elle enlève ses multiples oreillettes et me regarde rapidement.
- Bon, je te préviens, tu as une chance de tarés. Si le rédacteur de Vanity Fair ne t'avait pas recommandé, jamais tu n'aurais passer ton entretien d'embauche avec Tom Kaulitz en personne. Elle parle à une rapidité hallucinante.
- Même pour devenir son assistant personnel ?
- Oui, c'est toujours l'assistante de la vice-présidente de la marque qui passe les entretiens, répond-elle. Alors fais attention, ne le regarde pas dans les yeux, répond vite et de manière posée. Tu veux te faire un nom dans le milieu de la mode ? Réussis cette entretien, et ta carrière sera lancée. Super rassurant, dit donc. J'ai l'impression que ce gars a le pouvoir de changer ma vie. Mais c'est peut être ça, dans un sens. Réussir... Oui, il faut que j'y arrive. L'ascenseur stoppe son ascension et, avec un petit bip bruyant, les portes s'ouvrent. La fille sort en premier, je la suis docilement.
- Voilà, tu continues tout droit, c'est la porte au fond du couloir. Tu frappes et tu n'entres pas avant qu'il te le dise. Tu te présentes rapidement et tu lui tends ton CV afin qu'il ne perde pas de temps. Ça risque d'être rapide, tu seras vite fixé.
- Merci...- De rien. Ah ! Et n'oublie pas: si jamais tu es pris, n'essaie pas de me piquer ma place. Je peux être gentille, mais par moment je sais être une vraie garce. Elle se retourne et part aussi vite qu'elle est apparue. Bon ben bonne journée, c'était bien sympa ! Connasse, va.
Qu'est-ce qu'elle a dit déjà ? Ah oui, au fond du couloir. J'avance rapidement et arrive bien trop vite devant cette vitre fumée. À droite, il y a un bureau inoccupé. Sûrement celui de l'assistant personnel. Sûrement le bureau qui j'espère sera bientôt le mien.
Je frappe fermement. J'entends un vague « entrez »... Bon, je me lance. Ma main se pose sur la poignée dorée que j'actionne sans vraiment réfléchir. Je rentre dans un bureau... Magnifique. Vaste. Clair. Une grande fenêtre qui donne sur Berlin. Et attablé juste devant... Lui. Tom Kaulitz. Mon c½ur s'emballe. De peur.
Pourquoi cette peur ? Il ne doit pas être beaucoup plus âgé que moi, cinq ans de plus maximum. Physiquement, il paraît tellement relaxe. Des dreads locks blondes, une chemise expressément repassé à demi ouverte, un piercing. Et pourtant... Il émane de lui de l'autorité, du sérieux, du travail mais surtout du pouvoir. Un immense pouvoir.
Il ne me remarque à peine, il est plongé dans un dossier. Je m'approche un peu plus du bureau et racle ma gorge pour signaler ma présence. Il relève prestement les yeux.
- Oui ? Sa voix est sèche, quelque peu désagréable.
- Bonjour, je suis Bill Klaus. Je viens pour...
- Oui, oui pour ce fichu entretien d'embauche, achève-t-il. Il replonge son attention dans ses dossiers mais tend une main vers moi. Qu'est-ce qu'il veut ? Ah oui ! Mon CV ! Je lui glisse dans la main et m'assois dans un fauteuil en face de lui. Ses yeux se posent sur moi et son regard... me glacent complètement.
- Je vous ai autorisé à vous asseoir ?
- Euh... Qu'est-ce que je dois répondre à ça ? M'excuser ? Me relever ?
- Excusez moi, je pensais que...
- Bon, on ne va pas perdre encore plus de temps pour des choses futiles. Il lit rapidement mon CV et soupire un peu.
- Vous avez passé deux ans chez Vanity Fair... Dont un an aux Etats-Unis...
- Oui, ça été une expérience très enrichissante et... Il fait un signe de la main pour me dire gentiment de me la fermer.
- Vous souhaitez percer dans le milieu de la mode ? Dans quel domaine ? Styliste ? Mannequin ? Journaliste ? me demande-t-il.
- Styliste. Mais j'ai déjà fait du mannequinât.
- Et quelle est votre marque préférée ? Le créateur que vous admirez le plus ? Euh c'est une question piège ? Il s'attend peut être à ce que je le cite.
- Vivienne Westwood. Ses yeux replongent dans les miens. Je commence à détester cette sensation. C'est comme s'il lisait dans mes pensée mais que son esprit restait complètement hors de porté.
- Bien. Et est-ce que vous aimez mes vêtements ? J'ai comme l'impression que cette question me vaudra le poste. Honnêtement, je n'ai jamais porté des vêtements de Tom Kaulitz. Si j'admire cet homme, c'est pour son travail. Parce qu'il a réussi. Alors très lentement, j'ai répondu...
- Non.
- Vous êtes engagé.[...]
- Je te jure il m'a balancé ça comme ça, d'un seul coup !
- Tu déconnes ?
- Promis ! J'en revenais pas... Tu as devant toi le nouvel assistant personnel du styliste Tom Kaulitz. Andy me regarde avec des yeux ronds avant d'éclater de rire.
- Quoi ?! Qu'est-ce qui te fait rire ?
- Rien, rien, dit-il en pouffant. Il prend un air sérieux mais reste peu crédible.- Tu l'as enfin décroché, le boulot de tes rêves.
- De mes rêves, de mes rêves... Faut pas exagérer. Je suis à l'entière disposition de ce type. Je commence demain matin. À 7 heures ! Ajoutais-je en me laissant tomber sur le canapé. Andy s'assoit à côté de moi et pose sa main sur mon épaule.
- Pauvre Billou, vraiment je compatis. Moi je commence à 10 heures au salon demain.
- Vas-y, nargue moi autant que tu veux, mais je préfère largement assister un grand styliste plutôt qu'être apprentis coiffeur u_u
- Han ! Ça c'est bas, très bas ! Il me tire la langue et essaie de me faire croire qu'il est vexé. Je pose ma tête sur ses genoux. Bien entendu, il arrête tout de suite ses bouderies et sa main vient doucement caresser mes cheveux.
- Et pourquoi tu dois y aller si tôt au fait ?
- Je dois aller chercher son café chez Starbucks, ranger son bureau, acheter des tonnes de magazines en tout genre... dis-je en baillant.
- Rien que ça...
- Préparer ses rendez-vous de la journée, lui faire un résumé des critiques sur ses collections... Il faut que tout soit près lorsqu'il arrive à 9 heures.
- Pourquoi as-tu accepté ce job ? Tu vas être sur les rotules en moins de trois semaines.
- Je veux devenir styliste And' ! Je vais apprendre énormément en travaillant avec lui.
- C'est vrai que préparer des cafés et acheter des magazines, c'est super enrichissant, déclare-t-il, sa voix empreinte d'ironie.
- Arrête Andy ! Demain, c'est mon premier jour de travail et je n'ai pas intérêt de le foirer. J'ai besoin que tu m'encourages...
- Excuse moi mais... J'ai juste l'impression que tu as pactisé avec le Diable. Je le regarde avec des yeux ronds avant d'éclater de rire.
- Tu en fais vraiment trop !
- Je m'inquiète pour toi, c'est tout.
- Oh c'est mignon... Je me penche en avant et dépose un léger baiser sur ses lèvres. Je me lève en m'étirant puis m'assoit au comptoir de notre salon.
- Je vais me coucher, finis-je par dire. Sinon demain matin, je n'arriverai pas à me lever.
- Il manquerait plus que tu sois en retard !
- Arg, l'horreur >.< Je le vois s'allonger de tout son long sur le canapé et allumer avec flemme la télé. Quelle chance !
Andréas est mon colocataire. On a eu une aventure mais rien de très important. Maintenant, on est amies et physiquement on est resté... proche. Il nous arrive donc parfois de finir la nuit dans la chambre de l'autre. Mais ça se fait de plus en plus rare. C'est juste un fuck friend, mais mon fuck friend à moi.
Ah oui, oubli d'un léger détail: je suis bi u_u Complètement bisexuel et je m'assume.
Bref, après m'être brossé les dents et avoir fini mon dernier paquet de fil dentaire, je me couche dans mon lit. Comme à mon habitude, je me suis emmitouflé dans la couette après avoir éteint la lumière. Mais une seule chose diffère: je n'arrive pas à trouver le sommeil.
[...]
7h15. C'est pas possible. Dieu doit être contre moi. Je suis en retard et j'ai des cernes énormes sous les yeux que même mon maquillage n'a pas réussi à dissimuler. J'ai failli rater mon bus mais j'ai quand même réussi à trouver tous les magazines que Mr Kaulitz demande. Pour ça j'ai assuré. J'ai limite péter un scandale au vendeur de journaux parce qu'il a ouvert avec 5 minutes de retard.
À présent, je cours dans les rues de Berlin, tenant sous mes bras avec du mal une dizaine de magazines divers. J'arrive enfin devant ses bâtiments. Je m'attendais à les trouver vide mais ils grouillent déjà de monde. Les mêmes filles ultra branchées que la veille sont déjà actives, elles courent dans tous les sens, criant dans un téléphone. J'ai droit aux mêmes regards que hier mais aujourd'hui j'arrive à y déceler une pointe de jalousie en plus. Toutes des garces de toute façon.
Je monte jusqu'au dernier étage et me laisse tomber sur la chaise de mon nouveau bureau. Je commence mon résumé de toutes les critiques de sa nouvelle collection. Incroyable... Jeune homme talentueux... Réussite totale... Extraordinaire... Pourquoi faire un résumé alors que ces articles disent tous la même chose ?
Une fois ce putain de résumé fait, je le pose sur son bureau avec les magazines, je range les feuilles en vrac puis retourne m'asseoir en soupirant.
Au même instant le téléphone sonne.
- Bureau de Tom Kaulitz, dis-je avec une voix morne.
- Eh beh tu désespères déjà, mon garçon ? Déclare une voix féminine.
- Je peux vous aider ?
- C'est Betty du dressing, et je pense que c'est moi qui s'apprête à t'aider. Mr Kaulitz vient juste d'arriver à l'accueil, il sera là dans moins de 5 minutes. Tout est prêt en haut ?
- Euh oui... Son bureau est en ordre...
- J'ai été assistante et je sais que c'est dur. Quand il arrive, tu lui lances juste un bonjour discret et tu lui emmènes son café au bureau.
- Merde son café ! Merci Betty ! Je ne sais même pas qui est cette fille mais elle m'a bien aidé. Je raccroche, attrape mon manteau et dévale l'escalier à tout allure. Pas le temps de prendre l'ascenseur. J'ai deux minutes pour acheter un café au Star Buck d'en face et remonter pour lui donner. Arrivé dehors, je traverse avec précipitation la rue et rentre dans le magasin à la volée. Mon Dieu ! Il y a une queue immense T.T
Alors gratter tout le monde ou perdre mon job ? Gratter tout le monde ! Je ne prête pas attention aux insultes qui fusent et commande un déca avec deux sucres. Cinq minutes plus tard, je suis remonté au dernier étage, presque en sueur. Je m'avance et constate avec horreur qu'il se trouve déjà dans son bureau. J'ai comme le pressentiment d'avoir merdé.
J'entre dans son bureau et le regarde. Il est déjà attablé et a ouvert son ordinateur portable. Il a mis ses lunettes noires et carrés et je trouve que ça lui donne un air encore plus sévère. Mon c½ur s'emballe et je pose le gobelet en plastique juste devant lui afin qu'il remarque ma présence. Il lève brièvement les yeux sur moi.
- Vous êtes en retard.
- Excusez moi, je ne pensais que vous alliez arriver si tôt.
- Il est 9h07.
- Je suis désolé, ça ne se reproduira plus.
- Vous avez intérêt. Il me fait un geste de la main pour me dire de déguerpir. Je tourne les talons et me dirige vers la sortie, mais à peine passé la porte, je l'entends m'appeler de nouveau.
- Bill ? Je me retourne en priant tous les dieux possibles et inimaginables. Il me montre son café.
- C'est un déca ?
- Oui, monsieur comme vous l'avez demandé.
- A trois heures, je veux un déca. Le matin, je demande un chocolat viennois, déclare-t-il sa voix plus glaciale que jamais. Mes mains deviennent moites d'un coup. Ma bouche s'ouvrent sous l'incompréhension, il ne m'avait jamais parlé de son putain de chocolat viennois. Je le vois prendre son déca qui m'a donné tant de mal et le jeter à la poubelle.
- Vous avez beaucoup de chance d'avoir obtenu ce travail, Bill. Mais à présent je ne tolèrerai plus aucune erreur.
- Bien, Monsieur. Je suis désolé. Ses yeux à rayon X me lâchent enfin et il reporte son attention sur son PC. Je retourne à mon bureau et me laisse tomber sur ma chaise en soupirant le plus silencieusement possible. J'envoie un e-mail de détresse à Andy et commence à prendre les appels. Je note les rendez-vous, les messages, et tous ces trucs sans importance qu'il pourrait faire lui-même. Mais surtout j'essaie de me faire le plus petit possible car le Diable en personne se trouve dans la pièce à côté.
Partie Deux:Trois mois ont passé et, oh miracle, j'ai toujours mon emplois. Assistant de Tom Kaulitz. Comme il ne cesse de me le répéter, certains tueraient pour être à ma place. Le soir, je suis tellement crevé que je ne rigole plus autant avec Andy. Je n'ai presque plus le temps de dessiner. Tom Kaulitz est en train de me tuer.
Je fais tout. Je vais chercher le chien de sa mère qui est chez le toiletteur, sa voiture au garage, je m'occupe des journalistes, je trie les questions pour ses rares interviews qu'il accorde à la presse, je m'assure que les vêtements de cette collection arrivent bien à cet endroit pour ce défilé... Je dois parfois faire des pieds et des mains pour lui trouver un avion dans les prochaines minutes, il m'annonce que finalement il prendra son jet privé, il faut alors que je contacte chauffeurs, pilotes et gardes du corps. Bien sûr ce ne sont que des exemples.
Mais maintenant, tout le monde me connaît. Et j'avoue que j'ai droit à certains privilèges. Des vêtements gratuits, des invitations dans des fêtes ultra privées, des rencontres avec les plus grands stylistes de la planète. Je me fais pas mal de contact, et c'est malheureusement le seul avantage que je trouve à ce job.
Il est 8h58. Je dépose son chocolat viennois sur son bureau et retourne au mien. Quelques minutes plus tard, Mr Kaulitz sort de l'ascenseur et comme à son habitude, balance son manteau sur mon ordinateur. Je m'en saisis en déclarant...
- Bonjour Mr...
- Bill, dans mon bureau, me coupe-t-il. Tout de suite. Je déglutis. Ça ne sent rien de bon. Oh non, ça pue vraiment même. Je repose le blouson et le suis dans la pièce à côté. Il s'assoit en soupirant et allume son PC, comme chaque matin.
- Je suppose que vous êtes au courant, la semaine de la mode se déroule dans quinze jours à Paris, dit-il avec son éternel ton glacial.
- Oui, Monsieur.
- Je veux que ce soit vous qui m'accompagnez. J'ouvre grands les yeux sous l'effet de la surprise.
- Je pensais que vous vouliez l'assistante de la vice-présidente, que vous me jugiez pas assez expérimenté...
- Vous avez progressé ces dernières semaines et je préfère avoir mon assistant personnel avec moi à Paris. Je n'arrive pas à y croire.
- Bien sûr, si vous ne voulez pas, continue-t-il, ce sera Nicole qui m'accompagnera.
- Non ! Je veux venir.
- Bonne décision. Il détourne le regard. J'ai rêvé ou... j'ai cru apercevoir un infime sourire sur ses lèvres. Oh juste une histoire de millisecondes.
Je retourne à mon bureau. Moi ? Bill Klaus, à la semaine de la mode ? À Paris ? Tom Kaulitz, sans le vouloir, vous me rendez heureux d'un coup.
[...]
Je n'arrive pas à y croire. Je suis débordé de travail, mais je suis à la semaine de la mode. On roule actuellement dans un taxi à travers les rues parisiennes. Le seul inconvénient, c'est que je suis en permanence avec Mr Kaulitz. Même si je suis flatté qu'il m'est choisi, je le déteste toujours autant. Il est stressé comme pas possible, il ne fait que enchaîner les défilés depuis quelques jours. La semaine de la mode est l'évènement le plus important de l'année pour n'importe quel styliste. Alors, chaque truc qui va de travers il me le reproche. Mais je m'en fous, rien ne pourra gâcher mon bonheur d'être à Paris.
D'ailleurs ce soir, on passe la soirée dans la boîte la plus upée de la capitale. On va faire la fête *-* Mais je vais devoir rester derrière lui toute la soirée, je vais tout de même faire de mon mieux pour m'amuser.
[...]
JE L'AI LACHE =D J'suis trop fort u_u. On est partis chacun de notre côté et il n'a pas essayé de m'appeler, signe que soit il n'a pas remarqué mon absence, soit il n'a pas besoin de moi. Et vu l'heure avancée, je suis sûr qu'il se débrouille sans moi. Je m'éclate comme jamais, je danse avec les mecs et les filles les plus canons de tout Paris. L'alcool coule à flot... Que demander de plus ?
Je me dirige vers le bar afin de me remplir une énième coupe de champagne et remarque mon cher patron assis au comptoir. Il n'a pas l'air en forme. Plusieurs verres vident traînent devant lui et il fait signe au serveur de lui en remplir un autre. Son regard est vague et ses gestes tellement différents de d'habitude. Il semble... mou. Je regarde l'heure, il est bientôt 3 heures du matin. Je m'approche de lui et passe ma main devant ses yeux. Chose que je n'aurais jamais osé s'il n'était pas bourré.
- Mr Kaulitz ? Vous vous sentez bien ? Il tourne des yeux vides vers moi avant d'hausser les épaules et de descendre cul sec un autre verre.
- Il est tard et je pense que vous avez assez bu. Venez, je vous ramène à l'hôtel. Il ne réagit pas.
- Vous pouvez marcher tout seul ? Bon. À croire qu'il va falloir que je l'aide. En priant pour que demain il ne se souvienne plus de rien, je passe un bras autour de sa taille alors que lui s'accroche à mes épaules. On arrive tant bien que mal à l'entrée de la boîte de nuit encore bondée, et je réquisitionne un taxi. Au bout d'une dizaine de minutes, nous sommes devant notre hôtel. Je le traîne comme je peux jusqu'à l'ascenseur. À l'intérieur, il me lâche et s'appuie contre la paroi alors que j'appuie sur le bouton de l'étage trois. L'ascenseur commence à monter puis… se stoppe. Les lumières s'éteignent d'un coup. Manquer plus que ça !…- Putain ! M'exclamais-je.
- Bill, qu'est-ce qui se passe ?
- Je crois qu'on est bloqué dans l'ascenseur. Il soupire et je l'entends qui se laisse glisser au sol. Bloquer dans l'ascenseur avec mon patron tyrannique. Super.
- Ça ne devrait pas prendre plus de quelques minutes.
- Bill... Merci. Je laisse échapper une exclamation de surprise. Il vient de... me remercier ? O_O
- De... de rien.
- Tu dois me détester.Honnêtement, oui.
- De toute façon, tout le monde me déteste.
- Dites pas ça...…
- Si. Mes employés, mon père, mon ex, les autres stylistes...…
- Ils sont jaloux, c'est tout.
- Non, avoue que je suis invivable.
- Vous êtes... dur, peut être. Mais j'apprends énormément avec vous. Il laisse échapper un petit rire.
- Je suis pathétique. C'est à mon tour de soupirer. À la lumière de mon portable, je trouve où il est assis et je m'agenouille en face de lui.
- Vous avez vu tout ce que vous accomplis ? Vous avez 25 ans et vous êtes au sommet du monde de la mode ! Alors ok, parfois vous êtes chiant, mais vous n'êtes pas pathétique. Je range mon portable, ce qui fait que nous nous retrouvons à nouveau dans le noir. Je sens son souffle se rapprocher de moi et mon c½ur s'emballe. Mais plus de peur.
- Tu sais pourquoi je t'ai embauché ? Murmure-t-il, sa voix me semblant de plus en plus proche.
- A cause de mon CV ?
- Non, parce que tu as été franc avec moi. Je souris involontairement.
- Vous savez, même si ce n'est pas facile tous les jours, c'est très intéressant de travailler avec vous. J'apprends beaucoup sur le métier de styliste.
- Ah oui, c'est vrai que c'est ton grand rêve, ricane-t-il. Est-ce que je dois profiter du fait qu'il n'est pas tout à fait lui-même pour saisir ma chance ?
- Je me demandais... si c'était possible de vous montrer quelques uns de mes dessins, afin d'avoir votre avis.
- Bien sûr, tu me montreras tout ça lorsque que nous serons de retour à Berlin.
- Merci Monsieur ! M'exclamais-je.
- Ce soir, j'aimerais que tu m'appelles Tom. Avant que je puisse comprendre ce qui se passait, je sens deux lèvres chaudes se poser sur les miennes. Celles de mon patron. Et chose, étrange, je ne veux pas le repousser. Cette idée ne me traverse même pas l'esprit. Alors, avec beaucoup de délicatesse de peur de briser ce moment qui peut être ne se reproduira jamais, je pose ma main dans sa nuque, l'intimant d'aller plus loin. Je le sens se rapprocher de moi, jusqu'à se retrouver collés l'un à l'autre. Lentement sa langue vient caresser mes lèvres et j'entrouvre avec délice la bouche pour approfondir ce baiser. Peut être que le fait d'être dans le noir ne me fait pas réaliser entièrement qui je suis en train d'embrasser ou peut-être que ça décuple les sensations. Je ne sais plus... Tout ce que je sais c'est mes doigts caressent lentement sa peau et que ses bras ont pris place sur mes hanches. Il embrasse bien, tellement bien... Le baiser a un léger goût d'alcool, mais je dirais surtout qu'il a un goût exquis. Mais chaque chose a une fin.
Au moment le moins opportun, l'ascenseur se remet en marche et les lumières se rallument d'un coup. On s'écarte brusquement et mon visage a dû prendre une teinte rouge écrevisse. J'ai embrassé mon patron !
- Dé... Désolé... Mes yeux se posent enfin sur son visage où s'étire un léger sourire. Et ça le change. Il est nettement plus beau le sourire au lèvres. Les portes s'ouvrent, nous indiquant que nous sommes enfin arriver à notre étage.
Je me lève et toussote légèrement pour essayer de dissiper ma gêne. Mr Kaulitz me tend la main, toujours ce sourire si beau mais tellement rare accroché aux lèvres.
- Tu peux m'aider à me relever ? Je lui prends maladroitement la main et le tire en avant, résultat il tombe dans mes bras. Je le repousse gentiment, rougissant de plus belle, alors qu'il rit sourdement. Il est méconnaissable ce soir.
Il s'accroche de nouveau à mes épaules pour s'aider à avancer. Je refoule tant bien que mal ma gêne, et sort de l'ascenseur. Je me dirige droit vers sa chambre et l'oblige à me lâcher.
- Voilà, euh... C'est votre chambre, finis-je par lâcher. Bonne nuit. Je me retourne sans un regard, tout simplement pour éviter de rester près de lui. Mais j'ai à peine fait trois pas que sa voix basse et suave me retient une nouvelle fois.
- Bill ? Tu ne veux pas rentrer deux minutes ? J'aimerais te montrer quelque chose. Je le vois ouvrir sa porte grâce à sa carte magnétique qu'il range ensuite dans sa poche maladroitement. Est-ce que je dois le suivre ? C'est peut être important. Ça a sûrement un rapport avec le travail. Un rendez vous important ou quelque chose comme ça. Et puis c'est mon patron, je dois faire ce qu'il me dit. Non ? J'ai peut être tord. Mais... alors pourquoi mes pieds me conduisent dans sa chambre ? Je fais peut être la plus grosse erreur de ma vie.
Normalement je n'ai pas le droit de rentrer dans sa chambre, il a été bien clair sur ce point. Alors, en franchissant le seuil de la porte, je prie pour que demain il n'ait aucun souvenir de toute cette soirée.
Je l'aperçois assis à son bureau. Je m'avance timidement dans son immense suite luxueuse jusqu'à arriver devant lui. Il lève la tête vers moi et me sourit. C'est tellement différent de d'habitude.
- Que vouliez-vous me montrer ? Il se lève et attrape un calepin posé sur sa table de nuit. Il reviens vers moi en titubant légèrement et me mets le cahier dans les mains. Il est à présent très près de moi, trop près. Je sens même son souffle alcoolisé glisser sur ma peau.
- J'aimerais te montrer quelques uns de mes croquis pour avoir ton avis. Je manque de m'étouffer.
- Vous... Vous voulez mon avis ? À moi ?Troisième Partie:Il rit légèrement devant ma surprise.
- Oui, je sais que tu seras honnête, déclare-t-il, sa voix devenant soudain plus basse. Puis tu as travaillé pour Vanity Fair, tu sais ce que veulent les journalistes. Je souris légèrement, fier qu'il est jugé utile d'avoir mon avis. Même si je sens que s'il n'avait pas bu autant je n'aurais as eu le droit de toucher le précieux carnet. Alors avec précaution, je l'ouvre et découvre avec surprise les premiers dessins. C'est... impressionnant. Ce type a beau être froid, désagréable en permanence, hautain, et ultra directif, je ne peux nier qu'il a du talent. Un talent de dingue.
- Alors ? T'en penses quoi ? Je sursaute, sa voix caressant mes tympans de près. Je n'avais même pas remarqué qu'il me tutoyait à présent. Et je n'avais pas remarqué non plus qu'il s'était glissé derrière moi. Cette proximité soudaine me fait rougir. Il reste mon patron. Il reste mon patron. Merde, il reste mon patron.
- C'est... c'est différent de ce que vous faites d'habitude. Mais, j'aime beaucoup.
- Je suis content que ça te plaise. Je retiens une exclamation de surprise en sentant ses mains glisser sur mon ventre. Des lèvres se posent dans mon cou. Des lèvres douces, humides, des lèvres que j'ai déjà goûté dans l'ascenseur. Elles parcourent avidement ma peau, la mordillant de temps en temps puis l'embrassant pour l'apaiser. Je sens son étreinte se resserrer et je me trouve désespérément collé contre lui. Sa langue traîne par moment, laissant comme une traînée de feu sur mon épiderme. Par un automatisme inconnu, mes yeux se ferment et ma tête tombe lourdement sur son épaule.
Je perçois d'un coup son odeur plus fortement. Avant, elle me faisait paniquer, rien que sentir ces effluves me mettaient un stress incroyable. Son odeur me glaçait, oh bien sûr il sentait bon, mais elle venait de lui. Et tout ce qui venait de lui avait le don de me répugner. Et ce soir, maintenant, son parfum Hugo Boss me semble... agréable. Il emprise momentanément mes sens, m'enveloppe en entier.
Son odeur n'est qu'un point parmi tant d'autres. Ses lèvres dans mon cou provoquent des frissons de plaisir qui ne devraient pas être. Sa langue sur ma peau me fait presque haleter. Et ses mains... Ses mains qui glissent sous mon tee-shirt, ses doigts qui caressent lentement mes hanches. Un petit gémissement s'échappe de mes lèvres.
- Tu veux que je continue ? Sa voix si froide d'habitude réchauffe mon être plus rapidement qu'un courant électrique. Que suis-je sensé répondre ? Peut être que si je ne me sentais pas si coupé du monde, privé de mes sens, enveloppé par sa chaleur, je l'aurais repoussé. Mais ce soir... On est à Paris. Il est bourré. Et putain, j'ai envie de lui.
Je virevolte rapidement pour lui faire face. Je souffle un bon coup pour chasser peur et hésitation. Nos lèvres se retrouvent scellées pour la deuxième fois de la soirée. Je le sens soupirer et se coller à mon corps. Ses doigts resserrent leurs prises autour de mes hanches avec une telle force que cela devrait me faire mal. Mais je ne ressens aucune douleur. Pour tout dire, je ne ressens rien hormis cette bouche qui se presse contre la mienne. Hormis ce souffle contre ma peau. Hormis mes mains autour de sa nuque. Le reste n'a franchement aucune importance.
Avec une douce envie, nos langues se retrouvent. Je goûte à nouveau à l'alcool de ses baisers. Nos embrassades prennent soudain plus d'ampleur, si bien que l'on commence à manquer d'air. Nos bouches se séparent quelques secondes, ses lèvres commencent à explorer ma mâchoire. Ses mains glissent lentement sous mon tee-shirt, caressant la peau de mon dos. Je soupire d'aise sous ses douces sensations. Je dois être en plein délire. Ou en plein rêve. Ses dents mordillent doucement et je laisse échapper un petit gémissement de plaisir. D'un coup il m'attire encore plus près de lui, comme s'il voulait que je me fonde en lui, et me murmure à l'oreille...
- Putain, ça fait trois mois que je rêve de ce moment... Aurais-je franchi la limite d'un monde parallèle ? Ces paroles me font perdre pied. Cela faisait longtemps que je n'avais pas eu de relations, à cause de mon emploi du temps surchargé. Je trouve que ce soir est une magnifique occasion de renouer avec mes anciennes habitudes.
Je décide de me jeter dans l'abyme. J'enroule mes jambes autour de son bassin. Je souris en sentant ses mains se poser sur mes fesses afin de me soutenir. Il nous guide comme il peut jusqu'au lit où il m'allonge avec précaution.
Je repars avidement à la rencontre de ses lèvres, entamant un baiser fiévreux. On se colle, s'attire afin de mieux sentir nos deux corps pressés l'un contre l'autre. Nos respirations se font saccadés.
Je ne pensais pas que l'on se retrouverait nus aussi vite. Peut-être que le désir d'être enfin égaux nous a poussé à nous déshabiller avec une fièvre évidente. Sans sa chemise blanche et son pantalon d'homme d'affaire, il ressemble nettement moins à mon patron. Moi, complètement nu sous lui, je ne dois plus paraître comme son assistant.
On glisse l'un contre l'autre, gémissement partagé lorsque nos virilités se rencontrent. Nos lèvres ne se séparent jamais plus de quelques secondes, notre sueur devient commune à l'autre. Mais je ne veux pas venir ainsi.
En un mouvement de jambe, je le renverse afin de me retrouver sur lui. Je le dévore des yeux, croisant du regard ses prunelles sombres. Mes lèvres déposent un chaste baiser sur les siennes puis commencent leur descente. Elles parcourt son épiderme, le couvrant de milliers d'attentions. Je lèche ses tétons, redessine son nombril. Je ne cesse de caresser ses abdos sublimes. Jamais je n'aurais deviner ça chez lui. J'embrasse sa peau des dizaines de fois, mords tendrement son aine et...
- Oh putaiiiin... Pose mes lèvres sur son gland. Ma langue percée titille sa fente d'où s'écoule un liquide séminal un peu amère. Je lèche de haut en bas, m'amusant à lui arracher des exclamations de plaisir. Son excitation se renforce de secondes en secondes. Je me décide à prendre son sexe en bouche et à entamer un léger va&viens.
- Haan Bill... Oh... Putain... Douce mélodie. J'avale ma salive, creusant mes joues et augmentant la chaleur autour de son membre. Tom (aucune envie de l'appeler Mr Kaulitz maintenant) se cambre violemment et son sexe vient buter contre le fond de ma gorge. Je souris, fier de l'effet que je provoque. Ma main vient se placer à la base de son sexe et prend le même rythme que ma bouche.
- Haaaaan Bill... Merde... Re... Remonte... Je fronce les sourcils et mes lèvres se détachent de son sexe ave un léger « pop ». Je m'allonge à nouveau sur lui et l'interroge du regard.
- Vous n'aimez pas ?
- Oh putain si... Mais, halète-t-il, pas comme ça... Il y a du lubrifiant dans la commode. Je souris comprenant enfin. Je tends le bras et fouille dans un tiroir de la table de chevet. Je suis surpris de trouver pas mal de capotes et une bouteille lotion. Je ne pensais pas mon... patron comme ça.
Je tourne la tête vers Tom qui me sourit. Je reste bloqué. Il m'attire contre lui et me prend le tube de lubrifiant des mains. Je réprime une exclamation de surprise lorsque je le vois étaler le gel froid sur mes doigts. Son autre main attire mon visage vers le sien, et ses lèvres se posent doucement sur les miennes.
- Vas-y, me souffle-t-il. Je m'allonge sur lui et soupire en sentant sa virilité frotter contre mon ventre. Mes doigts lubrifiés descendent le long de son dos, frôlent ses fesses, caressent son entrée. Un dernier regard, je rentre le premier doigt guettant le moindre signe de douleur sur le visage de Tom. Je ne veux pas me dire que mon patron serait habitué à... ce genre de sensations. Ce serait vraiment bizarre. Plus que coucher avec lui.
Mais non, il soupire. De plaisir. Je déglutis face à ce magnifique spectacle et mon majeur rejoint mon index. Ses traits fins se crispent quelques secondes avant de se détendre. Je commence un lent mouvement, enfonçant mes doigts de plus en plus loin. Je le vois haleter sous moi, gémir et se mordre la lèvre.
Mes doigts palpent, cherchent ce pont si sensible qui nous fait voir des étoiles. Je les rentre et les ressors de plus en plus vite, de plus en plus profond. Jusqu'à...
- Oh, putain... Ouiiiii ! Là, juste là ! Trouvé. Je continus à cette cadence, frottant sa prostate encore et encore. Mais après un ultime mouvement, je retire brusquement mes doigts. Je l'entends grogner de frustration. Un peu de patience.
Je déchire l'emballage du préservatif et déroule le bout de latex sur mon sexe. Tom me regarde fixement, détaillant mon corps. Il accroche ses mains autour de ma nuque et surélève son bassin. Je prends ça pour un feu vert. J'enfouis ma tête dans son cou et le pénètre lentement.
Même si je suis bisexuel, j'ai toujours préféré les hommes au lit. C'est nettement plus étroit. Mon patron ne fait pas exception. Je laisse échapper un soupir de plaisir.
Je reste immobile quelques secondes, jusqu'à ce que Tom soit prêt. Je respire à fond son odeur, le parfum de sa peau. Aurais-je le droit d'y goûter une autre fois ?
Tom bouge quelque peu son bassin, m'intimant à commencer. Je ne me fais pas prier. J'entame un rythme soutenue, afin tout d'abord d'assouvir mes envies. Cela faisait longtemps. À chaque entrée, chaque pénétration brutale je laisse échapper un gémissement rauque typiquement masculin. Les éclats de plaisir de Tom se font plus aigus... Les rôles semblent avoir été échangés.
Je cherche à buter à chaque fois sa prostate, ses cris lorsque j'y arrive m'encourageant à aller encore plus loin, encore plus vite.
Je crois que j'avais rarement ressenti ce sentiment pendant le sexe, cette connivence entre deux personnes. Même avec Andy, ce n'était pas semblable. J'ai l'impression que nos deux corps ont été modelé pour s'unir, que nous sommes nés pour nous embrasser. On se procure mutuellement du plaisir avec un effort moindre.
Ma main se glisse entre nous et commence à caresser son sexe. Je prends le même rythme que pour mes coups de rein, créant un plaisir inopiné et réglé. Je change de cadence, ralentis, accélère, frappe et frappe encore sa prostate.
- Ouiiii... Encore... Haaan... Putain, Bill... t'es... Il n'a pas le temps de finir sa phrase qu'il se déverse entre nos deux corps dans un ultime cri de plaisir. Son visage semble perdre toute expression, juste troublé par son extase. À cet instant précis, il est juste beau.
L'air, l'atmosphère qui nous entourent sent la fin, l'apogée de mon plaisir. Dans un sens, j'en ai envie et dans un autre je la crains. Est-ce que tout redeviendra comme avant ? Est-ce que les acteurs quitteront leurs déguisements en coulisses, les décors seront-ils remballé après la baisse du rideau ?
Dans un dernier coup de rein plus que brutal et face à la vue magnifique de son visage comblé, je me libère en lui. Je ne me retire pas tout de suite, mais m'écroule sur son torse. Ses bras viennent faiblement m'entourer.
- Merci, murmure-t-il. C'était génial. Je me retire doucement, lui arrachant une dernière plainte. Je me lève et me dirige vers la salle de bain afin de jeter la capote usagée. Lorsque je retourne dans la chambre, je le trouve profondément endormi sous l'épaisse couverture.
Je me mords la lèvre. Que dois-je faire ? Je viens à coup sûr de me faire virer. J'en suis certain. Dès qu'il se réveillera, qu'il aura dessoûlé, il me reprochera cette nuit. Alors très doucement pour ne pas le réveillé, je rassemble mes vêtements qui traînent un peu partout et m'habille en silence. En quittant sa chambre une phrase clignote dans mon esprit.
Putain, j'ai couché avec le Diable.
[...]
Deux semaines ont passé. Je suis de retour à Berlin. Il pleut, comme d'habitude. Et, bizarrement, j'ai toujours mon boulot.
Durant ces derniers jours, rien dans l'attitude de mon cher patron montre qu'il se souvient de nos ébats. Il est toujours aussi froid et distant qu'avant. Il me vouvoie. Me donne les mêmes ordres pourris qu'avant. Non, rien n'a changé.
Sauf pour moi. Je ne pense qu'à lui. Qu'à son corps, sa voix, son odeur. Je me crois maudit. Je ne peux pas empêcher mon regard de dériver sur ses fesses. Lorsque je n'ai rien à faire, je me remémore notre unique nuit ensemble. Je deviens fou.
Andy n'arrête pas de me charrier. Il dit que je tombe amoureux. Mais ce serait franchement la pire chose qui pourrait m'arriver. Ce type n'est sympa que lorsqu'il est saoul. Vive le petit ami.
En ce moment même, je suis assis devant mon ordinateur au bureau. Je mâchouille mon crayon et je dois avoir un air rêveur sur le visage. Si le Diable me surprenait, je me ferais sérieusement engueulé. Oui, maintenant je l'appelle le Diable. Il l'a mérité, non ? Des fois je l'appelle le Roi des Glaces, ça dépend de mon humeur. Et de la sienne.
On est en fin de journée, il est plus de 19 heures. Je ne pense pas pouvoir rentrer chez moi avant 21 heures. Les retours sur ses défilés pendant la semaine de la mode on était tellement bon que je suis débordé. Le téléphone ne cesse de sonner, je dois prendre des centaines de rendez-vous, organiser des dizaines de déjeuner... Mais ce soir, c'est plutôt tranquille. J'ai du travail en retard à rattraper.
J'entends du mouvement dans le bureau d'à côté. Je retiens ma respiration lorsqu'il passe la tête par la porte, ses lunettes sur le nez. Il ne s'est pas enlaidi depuis tout à l'heure. Merde. Je rêve du jour où il arrivera au bureau avec un horrible bouton de fièvre. Mais c'est comme si ce genre de bassesses humaines ne touchaient pas Mr Kaulitz. Fait chier.
Je reprends rapidement mes esprits lorsque je constate qu'il s'adresse à moi.
- Bill, dans bureau, dit-il sa voix toujours aussi glacée. Et tout de suite. Je soupire silencieusement et me lève. Que me veut-il encore ? Je repasse dans ma tête tout ce que je devais faire, ce que j'ai pu oublié ou raté. Je ne vois rien. Je me concentre sur son visage sévère, mais tout de même magnifique. Il me toise de haut en bas, souffle et pose ses lunettes.
- Bill, tu ne voulais pas me montrer quelques uns de tes croquis ? J'ai fini ce que j'avais à faire pour aujourd'hui. J'ouvre la bouche béatement sous l'effet de la surprise. C'est quoi ce revirement de situation ? Il y a quelques secondes à peine c'était le Diable en personne, l'homme le plus exécrable que je connaisse.
- A moins que tu ne souhaites plus mon avis, reprend-il. J'hallucine, il... sourit ? O_O La dernière fois que je lui ai parlé de mes croquis, c'était dans l'ascenseur. Ce peut-il qu'il se souvienne de la suite des événements ?
- Si, si ! Bien sûr, m'exclamais-je.
- Alors montre moi, dit-il avec son sourire étrange et flippant. Presque mécaniquement, je rebrousse chemin et fouille dans un des tiroirs à la recherche d'un de mes nombreux calepins. En me rendant dans son bureau mes croquis à la main, je crois enfin comprendre ce qu'il se passe. Il existe une différence énorme entre le Tom Kaulitz public, et le Tom Kaulitz privé. J'avais percé les défenses du privé, et cela ne me dérangeait absolument pas.
- Tenez, dis-je en lui mettant mon carnet dans la main.
- Merci. Il me remercie maintenant. Je suis en plein délire, là. Il ne semble pas bourré, drogué, shooté... Non, aucun de tout cela. Il semble... normal. J'en éprouve de légers frissons.
Il remets ses lunettes sur son nez et ouvre mon calepin. Il passe plusieurs minutes à observer mes dessins, en se frottant le menton. Je triture mes doigts nerveusement. J'attache de l'importance à son avis.
Au bout de quelques minutes qui me paraissent des heures, il ferme mon carnet, enlève ses lunettes et soupire.
- Vous... vous en pensez quoi ? Murmurais-je.
- C'est bien ce que je pensais. Je le regarde avec des yeux ronds, ne comprenant strictement rien à ces paroles.
- Bill, reprend-il doucement, je ne te veux plus comme assistant. Cette phrase me fait l'effet d'une gifle.
- En gros... Vous... vous me virez ?
- On peut dire ça... Oui. Mais pourquoi ? À cause de mes croquis ? Ça n'a... aucun sens !
Plusieurs fois, je m'étais imaginé cette scène. C'était à mes débuts, là où le risque de perdre mon job était omniprésent. Dans mon imagination, je lui lançais une réplique bien placée pour lui faire comprendre à quel point il m'avait fait chié et partais en claquant la porte. Mais maintenant... Je n'ai pas de force pour bouger.
Sans que je le remarque vraiment, le Diable se lève et pose une main sur mon épaule. Je sursaute et m'écarte à ce contact. Il semble quelque peu blessé. Il me tend une feuille et retrouve son étrange sourire.
- Mais, j'ai quelque chose d'autre pour toi. J'attrape la feuille en tremblant. Je lis en écarquillant les yeux... « Directeur du département créatif » o_O
- Qu'est-ce que...
- C'est une équipe qui me soumet des idées pour mes créations. Ils arrangent également certaines de mes créations. S'occupent des campagnes de pub... Je savais que ce job serait pour toi. Tu as un putain de talent.
- En gros, je serai...
- Mon égal, finit-il. Je déglutis puis souris à mon tour.
- Et si je ne te veux plus comme assistant, continue-t-il, c'est... Putain, tu me troubles trop. Même mon ex après deux ans de vie commune ne me faisait pas cet effet. Tu as brisé mes défenses les unes après les autres. Il s'appuie contre son bureau et soupire fortement.
- Tu... tu me rends plus humain, Bill. J'ai toujours été horrible avec tout le monde, c'est ma façade, ce sont mes murailles. Mais avec toi... Bizarrement, je ne veux pas que tu me détestes.
- Je ne te déteste pas. Je me mords doucement la lèvre en prenant une grande inspiration. Ma main vient se poser sur la sienne.
- Et... Si je ne suis plus ton assistant, j'ai le droit de faire ça, dis-je en lui désignant nos deux mains. Il se relève en souriant.
- Bien sûr.
- Et ça ? Je m'avance et dépose doucement mes lèvres sur sa joue.
- Heureusement que tu peux.
- Et je ne risque rien si je fais... ça. J'enroule mes bras autour de sa nuque et ma bouche vient lentement se poser sur la sienne.
- Non, je te demanderais même de recommencer. Ses mains se posent sur mes hanches, m'attirant encore un peu plus contre son corps chaud. Nos lèvres se trouvent d'elles même, se caressent, se baisent à merveille.
- Dans ce cas, murmurais-je, je ne regrette vraiment pas mon ancien job. Je l'embrasse encore et encore, lui injectant à chaque fois un peu plus d'humanité et savourant ce nouveau Tom au goût exquis.
F i n.
Voilà,, j''ai changé la fin x) Je ne voulais pas faire la même que celle du film =D
Vous aimez ?
#Row.*
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